1981
(BBZ / RCA)
rip 33t 320k
Cet album, je n’en avais jamais entendu parler avant de tomber dessus. J’ai compris pourquoi en regardant les titres au dos de la pochette. Je n’en connaissais aucun… Ca se comprend, car apparemment aucun n’est paru en 45t.
Ce disque qui semble donc être passé inaperçu est pourtant intéressant. C’est juste que certains chanteurs sont par moment dans l’air du temps, parfois moins, voir ne le seront plus jamais… Et Michel Fugain traversait en ce début des 80s une sale période. Plus en phase… Musicalement ça part donc dans tous les sens, entre « Les Sud-Américaines », « Capharnaüm » et » Où tu voudras, quand tu voudras » par exemple, il y a peu en commun. La remise en question est telle qu’au niveau des maisons de disques se sera aussi le grand chambardement.
Le succès reviendra en 1986 avec « Viva la vida », chanson joyeuse où on retrouve le Fugain optimiste qui plaît tant à son public.
Mais revenons à « Capharnaüm ». D’une belle cohérence d’ensemble, j’y retrouve l’ambiance troupe et big band, dès l’intro. « Chassez les marchands du temple » tente habilement de concilier cela avec un rythme plus dans la tendance des 80s. « Les mots perdus » est magnifique. Le texte, d’une grande profondeur, et la mélodie sont très touchants. J’aime beaucoup cette facette de Fugain. Une sorte de désenchantement élégant. Qu’on retrouve un peu dans la mélodie de « J’suis bien ».
Retour à l’ambiance troupe et à la comédie musicale sur « Broadway ». Avec un clin d’œil à Gershwin. Le titre « Capharnaüm » est du pur Fugain époque Big Bazar !
Finalement l’album balance tout du long entre désenchantement (désabusion disait Ferrer) et espoir. Ce qui en y réfléchissant a toujours été la marque de fabrique du chanteur (« Je n’aurai pas le temps » , « Chante… comme si tu devais mourir demain », « Où s’en vont « , etc…).
Avec toutefois en final, un goût amer… qui correspond sûrement à l’état d’esprit du Fugain au moment d’écrire ce disque.
- Les mots perdus
Le capharnaüm est dans le lien